jeudi 4 mars 2010

L’Espagne donne une leçon aux Bleus


Voici un match amical dont on va pouvoir tirer des leçons : rien n’a bougé depuis le catastrophique Euro 2008. Pire, l’équipe de France semble gangrènée par des rivalités malsaines.

Au coup d’envoi, mini surprise, Ciani et Escudé sont alignés dans l’axe. Surprise puisque l’on n’est pas habitué à voir Raymond Domenech aligner dans l’axe autre chose que deux stoppeurs purs. Malheureusement Escudé nous démontrera encore une fois qu’il n’a pas le niveau de jeu nécessaire pour être un joueur de l’équipe de France. Et à vrai dire, même sa qualité de relance n’a pas servi à grand-chose étant donné le pressing étouffant des ibériques. Les premières minutes du match sont entièrement espagnoles, tandis que la France tente de trouver la faille en contre.

Plan de jeu ou simple coïncidence, les deux équipes concentrent l’essentiel du jeu dans l’axe du terrain. Et à ce petit jeu, ce sont les espagnols les plus forts. Redoublements de passes, petits dribbles bien sentis, tout y passe. Les français souffrent, et ne savent vraiment pas quoi faire du ballon. Le premier but espagnol est tout à fait logique. Une énième récupération haute, une passe dans la profondeur, Villa passe dans le dos de la défense, et ne rate pas son duel. Ouverture du score donc, à la 22e minute, et ça a été tellement rapide que l’on a presque rien senti. Ou peut-être que c’était trop prévisible.

En fin de période, la Roja laisse plus la balle aux Bleus, mais sans rien craindre. Chez les Bleus, on retrouve la bonne vieille tactique de la coupe du monde 2006, avec quatre joueurs offensifs (Anelka, Henry, Ribéry et Gourcuff), mais on ne retrouve pas vraiment le même résultat. Gourcuff se fait complètement bouffer son espace par Henry qui semble incapable de reste sur son aile gauche, Ribéry qui pense avoir mieux à faire que de s’occuper de l’aile droite et Anelka qui redescend pour prendre des ballons alors qu’il doit créer des espaces devant. Enfin bref, on se retrouve avec une scène irréaliste où pas moins de huit joueurs se trouvent compactés dans dix mètres carrés. Et devinez qui s’en sort le mieux.

Des changements ? Pourquoi faire ?

Juste avant la pause, Sergio Ramos aggrave la marque. Un bon décalage de Xabi Alonso, et l’arrière droit espagnol se joue d’Escudé qui dévie la balle et la rend impossible à arrêter pour Lloris.

On se dit que Ray va faire quelques changements, essayer un nouveau joueur, changer de tactique ou bien arroser la pelouse avec de l’eau bénite. Rien du tout, nous voilà reparti avec le même onze de départ qui a été sifflé à la mi-temps pour la médiocrité du jeu qu’il a développé et deux buts encaissés sans aucune réaction.

Pas de Cheyrou donc, ou d’Adil Rami pour remplacer Ciani inhabituellement fébrile. Par contre de l’autre côté, on assiste à des remplacements qui font pâlir d’envie. Xavi remplace Fabregas et Torres prend la place de Villa. L’Espagne continue donc sa gestion du match tranquille, à son rythme, et laisse Torres faire le show devant Ciani. Rien de vraiment très excitant à se mettre sous la dent durant cette deuxième période. La seule animation, c’est celle venant des tribunes. Les « Domenech démission » volent, Thierry Henry est sifflé. Rien de bien constructif. Je me demande encore pourquoi Henry est sifflé, lui le meilleur buteur de l’histoire de France, qui a offert une Coupe du Monde et un Championnat d’Europe à la France.

Des égos surdimensionnés

Ou alors c’est peut-être est-ce parce qu’il fait partie des joueurs qui n’ont jamais voulu jouer ensemble tout au long du match. Les quatre joueurs offensifs que j’ai cités précédemment se sont tirés dans les pattes tant qu’ils étaient sur le terrain. Ribéry piquant le ballon dans les pieds d’Anelka, Anelka oubliant qu’il a des partenaires, Henry voulant trouver la faille seul… Mais y-a-t-il un pilote dans l’avion pour leur dire où se placer et comment jouer ?! On ne se pose plus vraiment la question. Les joueurs ont ouvertement critiqué Ray après la défaite, comme pour se décharger sur le bouc émissaire parfait alors que ce sont eux qui ont repris le contrôle de la sélection.

Finalement, Gourcuff a pu respirer et réellement distribuer le jeu quand Henry, Ribéry et Anelka sont sortis pour Malouda, Govou et Cissé. On a retrouvé un semblant d’équipe, mais pas assez longtemps pour juger.

A l’ouest rien de nouveau donc, et en équipe de France non plus. Heureusement qu’il y a cent jours pour rectifier.

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